Elsa portraitLes origines du projets

Nouvelle rentrée, nouveaux projets, avec ce premier rendez-vous à travers cet article, l’occasion pour moi de me présenter et de présenter l’Erudite Concept Store, ses valeurs, ses idéaux, son histoire…

L’idée a germé alors que j’étais encore en France, je ne me sentais pas à ma place dans cet ancien job que pourtant j’adorais. Et puis l’appel de ma passion première s’est fait de plus en plus présent jusqu’à vouloir un jour tout quitter tant cela devenait une évidence.

Il ne s’agissait cependant pas de le faire n’importe comment. Quitte à tout recommencer, à changer de vie, autant le faire à ma manière, en défendant mes convictions. Je dis d’ailleurs souvent que cette boutique est un prolongement de ma moi. J’y ai mis tout ce que j’aime et tout ce en quoi je crois, même si un long chemin reste encore à parcourir..

L’idée du concept était et est de faire connaître les jeunes marques audacieuses françaises. Françaises parce que je ne peux que défendre un projet auquel je crois profondément. Et la mode française est celle qui me parle le plus et à laquelle je m’intéresse depuis toujours. L’Erudite a donc pour objectif premier de donner une visibilité à des marques émergentes et audacieuses dont le travail est de plus en plus connu et reconnu en France. Ces créateurs ont pour la plupart eux aussi opéré un changement de vie qui traduit une vraie passion. Ils ont choisi ce métier et c’est par pure vocation qu’ils ont pris ce risque. On ne peut pas choisir d’opérer un tel revirement sans de vraies convictions.

Quel constat pouvons-nous faire aujourd’hui ?

La “FAST FASHION”, l’industrie de la mode conventionnelle telle que nous la connaissons aujourd’hui pose des problématiques sociales et environnementales. C’est la deuxième industrie la plus polluante au monde après l’industrie pétrolière. Sans parler des questionnements éthiques de conception et de production. Alors oui, il était temps de revenir à plus de naturel. C’est toute la démarche des marques aujourd’hui, quelle que soit leur taille.

En réaction à cela, se développe la “SLOW FASHION” (voire parfois “l’ultra slow-fashion!), une mode plus réfléchie. Ce phénomène se développe d’ailleurs dans nous les domaines de notre quotidien : la “slow life”, le “slow-writing”, la “slow-food”, le “slow-office”, le “slow-work”…. même le “slow-blogging” !

Cette tendance appelée mode éthique est également nommée mode durable, ce qui veut tout dire. Car il s’agit d’un concept “gagnant-gagnant” pour le client qui, en achetant de qualité, consommera mieux et moins. Adieu l’obsolescence programmée de nos vêtements et accessoires. En changeant notre mode de consommation, c’est l’ensemble de l’industrie qui suivra en intégrant plus d’authenticité.

who made my clothes

Une prise de conscience globale

Les grands groupes ont d’ailleurs senti l’amorce de ce changement de mentalités et beaucoup ouvrent des boucles plus responsables. Il n’y a qu’à voir le nombres de mouvements qui se multiplie :

  • la norme Normcore (voir les collections de VETEMENTS et son stylisme brut, qui se moque de la mode actuelle avec notamment sur tee-shirt réplique d’un livreur DHL pour lequel certains sont prêts à dépenser des centaines de dollars),
  • la multiplication des tutos upcycling,
  • le mouvement Anti-fashion, la boutique Front de Mode, qui met en avant les marques engagées et eco-responsables, le collectif éthique “Wear it slow”,…
  • “ITINERANCE” le projet Atelier Bartavelle, le hastag #whomademyclothes lancé par  “Fashion Revolution”,….).
  • l’IFM and Global fashion agenda, qui travaillent ensemble pour une mode plus responsable…
Les outils d’amélioration

Le bilan « Pulse of the Fashion Industry » a notamment été créé afin d’emmener le plus d’entreprises possibles sur le chemin de la transformation écologique et sociale. Le document donne ainsi des clés de progression pour toutes les entreprises selon leur niveau d’avancement sur ces questions avec sept axes de travail clés. Les entreprises doivent désormais implanter une traçabilité de leur chaîne d’approvisionnement, planifier une amélioration en terme de consommation d’eau, d’énergie et de produits chimiques et exiger l’application de standards concernant les conditions de travail… Pour entrer dans le concret, elles pourront développer un sourcing de matériaux responsables, promouvoir une amélioration de la rémunération des ouvriers et enfin se pencher sur les opportunités offertes par la révolution numérique et digitale. Aujourd’hui par exemple la styliste israélienne Danit Peleg créé des vêtements avec une imprimante 3D.

Responsible fashion

Au-delà des considérations éthiques, pourquoi ne pas nous tourner vers des marques innovantes qui limitent les intermédiaires et vont directement au contact des producteurs de matières premières La créativité sera ainsi valorisée. A force de tous consommer dans les mêmes enseignes, nous nous retrouvons tous et toutes avec les mêmes pièces dans notre dressing, qui sont d’ailleurs de plus en plus des copies de modèles phare des défilés des grandes marques.

Il ne s’agit pas de tout changer du jour au lendemain, mais de s’intéresser à ce que l’on achète, à réfléchir à notre mode de consommation. Petit à petit les choses changeront naturellement. Une autre mode réinventée est possible, une mode “à visage humain”.

Un revirement serait-il en train d’être opéré ? Espérons qu’il ne s’agisse pas uniquement d’un nouvel effet de mode mais d’une vraie prise de position… WELCOME TO THE FASHION REVOLUTION !

A ce sujet :  https://www.arte.tv/fr/videos/071479-000-A/revolte-dans-la-mode/